
Auteur : Neal Shusterman
Maison d’édition : Le Masque
Année de parution : 2012
Résumé :
Deux adolescents, Nick et Allie, sont tous deux morts dans des accidents distincts et se réveillent dans l’Éternéant, un endroit situé entre la vie et la mort. Dans cet espace, la seule population est constituée d’enfants disparus qui n’ont pas rejoint l’au-delà. Dans l’Éternéant, le temps et la matière ne dépendent que de la mémoire des vivant. Tout ce qui est oublié se détruit tandis que ce qui ne l’est pas reste solide. Nick essaye de comprendre comment quitter ce monde pendant qu’Allie refuse de rester passive et veut agir. Ils découvrent McGill, un être dangereux capable d’effacer définitivement des gens en explorant une société fragile dirigée par plusieurs groupes. Peu à peu, ils réalisent que l’Éternéant cache de nombreux secrets et que « mourir » une deuxième fois pourrait être permanent.
Critique :
L’Éternéant est un roman jeunesse qui traite du sujet de la mort d’une manière originale et avec une profondeur surprenante. Neal Shusterman a réussi à transformer un sujet lourd et sensible en une réflexion claire sans utiliser un ton moralisateur. Le concept de l’Éternéant est particulièrement poétique. Un monde fait et soutenu par les souvenirs des vivants permet d’explorer les thèmes du deuil, l’oubli et la peur de disparaitre de manière visuelle ce qui rend l’univers immersif. Les personnages sont très bien construits et complémentaires. Nick représente la réflexion et l’acceptance tandis qu’Allie représente la colère et le refus de subir. Ce contraste rend leur évolution crédible et touchante. Quant à lui, le personnage de McGill apporte une tension à l’histoire et symbolise ce que devient une âme lorsqu’elle s’accroche trop longtemps au pouvoir. Le style d’écriture est fluide et simple, donc très bien adapté à un public dans l’adolescence tout en restant pertinent pour des lecteurs plus âgés. Cependant, certains passages explicatifs ralentissent le rythme, surtout au milieu du récit. Malgré cela, L’Éternéant est tout de même une œuvre superbe, à la fois sombre, créative et surtout humaine, ce qui nous pousse à penser au sens de la mort, l’oubli et l’existence.
Rédigé par Enzi Masabarakiza, 23 mars 2026